Monument aux morts de Beugny

De Wikipasdecalais
Aller à : navigation, rechercher
Monument aux morts de Beugny
Beugny monument aux morts .jpg
Localisation Beugny, près de l'église
Conflits commémorés 1914-1918
Marbrier Gustave Coulon, d'Arleux (Nord)
Épitaphe 1914-1918
La commune de Beugny à ses enfants morts pour la France

Descriptif

Monument en pierre de Soignies de 3,15 mètres de haut, surmonté de la statue d'un poilu en fonte bronzée de 2 mètres.

Historique

Le monument a été élevé dans l'ancien cimetière désaffecté de la commune près de l'église, sur l'emplacement de l'ossuaire des morts de la commune. Sa réalisation fut confiée à un marbrier du Nord, Gustave Courlon, pour 10 300 francs, par un traité de gré à gré en date du 12 mai 1924.

Le monument fut inauguré le dimanche 24 août 1924. Le journal Le Pas-de-Calais Hebdomadaire rapporte l’inauguration du monument aux morts de Beugny dans son édition du 31 août 1924 :

« Journée pieuse, triomphale, réconfortante ! C'est ainsi que M. le chanoine Vitel qualifiait la journée du 24 août 1924, celle de l'inauguration du monument élevé par les habitants de Beugny aux enfants de la commune morts pour la France. En effet, le beau spectacle offert ce jour par la gentille localité, théâtre des glorieux combats d'août et septembre 1914, est vraiment réconfortant à un moment où des idées déprimantes veulent prendre la place de celles de Patrie, d'honneur et de religion. Le matin du 24 août, les rues du village présentaient le plus bel aspect. Les drapeaux flottaient partout, des guirlandes multicolores, des arcs de triomphe, dressés avec goût, barraient les rues ; on achevait les préparatifs pour accueillir dignement les autorités et les sociétés.

Le monument

Le monument est placé au centre du village, sur la route nationale, dans le cimetière désaffecté et par une pieuse pensée on l'a élevé sur l'ossuaire des héros tombés pour la défense du pays. Sur le piédestal sont inscrits les 24 noms glorieux du sous-lieutenant G. Tabary, du maréchal des logis V. Davion, du sergent Leriche, des caporaux Pueh et Comaiti, de Mayeux O., Dupin, Hennebicque, Boniface, J. Tabary, Lejosne, Guilbert, Legrand, P. Coutant, Caudroit, Gros, A. Dupin, J. Demiautte, Fessier, Lecornet, J. Véret, J. Benoît, A. Davion, G. Davion. On y a ajouté les noms des victimes civiles : M. Dehon, F. Coutant, et enfin, on a voulu honorer la mémoire du sergent Guichard et de ses camarades tombés en 1914 pour la défense de Beugny.

Sur le socle, un poilu en tenue de campagne monte la garde et semble dire à l’ennemi futur : On ne passe pas !

La cérémonie religieuse

À 10 heures du matin, une messe solennelle fut chantée pour les victimes de la guerre. L'église était magnifiquement décorée et l'assistance fut telle que beaucoup de fidèles durent rester hors de l'église.

Après l'Évangile, M. la chanoine Fournier, aumônier de l'institution des aveugles et sourds-muets d'Arras, remplaçant M. l'archiprêtre, empêché, rappela la vaillance des héros tombés pour la patrie, exalte leur sacrifice et engage vivement les assistants à garder leur souvenir, à ne pas oublier la grande leçon de la guerre. Il s'éleva contre les idées de pacifisme à outrance et d'abandon, qui sont une suprême injure à la mémoire des héros. Des chants très bien exécutés par le chœur, firent impression sur l'assistance, surtout le beau cantique à la Vierge des Douleurs.

À l'issue de la messe, sous une pluie battante, M. le chanoine Fournier bénit le monument, puis après le De Profundis et une nouvelle audition du cantique, une palme fut déposée au pied du socle, et une autre au cimetière anglais.

L'inauguration

À 14 heures, M. Goubet, le sympathique maire ; M. Rolas, le distingué président des anciens combattants, un brave capitaine de la Grande Guerre ; le conseil municipal et le comité d'organisation du monument reçurent au foyer les sociétés auxquelles un vin d'honneur fut offert. À 15 heures on reçut les autorités, cependant que la pluie faisant rage menaçait la formation du cortège pour le défilé.

Heureusement, un peu avant 16 heures, un rayon de soleil parut et le cortège put s'organiser dans la rue de la gare. Puis le défilé des sociétés eut lieu devant une foule émerveillée que le mauvais temps n’avait pas pu empêcher d’honorer les morts de la Grande Guerre. On put acclamer au passage l'excellente musique de Bapaume, les sapeurs-pompiers de Bapaume, Barastre, Beaumetz-lès-Cambrai, Vaulx-Vraucourt, Lagnicourt, Morchies, Beugny, les anciens combattants de Bapaume, Achiet, Bancourt, Beaumetz, Boursies, Doignies, Écoust-Saint-Mein, Frémicourt, Le Transloy, Vaulx-Vraucourt, Ligny-Thilloy, Haplincourt, Noreuil, Villers-au-Flos, Saint-Léger, Vélu, Favreuil, Bertincourt, Lebucquière, Mory et Beugny, les enfants des écoles et les autorités.

Vers 16 h 45, les autorités prirent place sur l'estrade, en face du monument. M. Philitt, conseiller de préfecture, remplaçant M. Bertin-Ledoux, retenu à Arras par la visite de M. Godart, ministre. M. Bachelet, sénateur ; MM. Goubert et Versmée, conseillers généraux ; Stenne et Godin, conseillers d'arrondissement ; M. le curé de Beugny ; M. le chanoine Vitel ; M. Delecroix, président des anciens combattants de Bapaume ; M. O. Rohas, d'Arras, délégué de la fédération départementale des anciens combattants, M. Durieux, maire de Bertincourt, etc.

Les trompettes ouvrent le ban, la musique exécute la Marseillaise, les enfants des écoles, forts bien dirigés par leurs excellents maîtres, M. Carlier et Melle Malvoisin, chantent les strophes de Victor Hugo, puis a lieu au milieu d'un silence impressionnant, l'appel des morts.

M. le maire remet le monument à la commune, exalte le souvenir des héros disparus, remercie tous ceux qui ont coopéré au succès de la fête et termine par un suprême hommage aux morts de la guerre, qui ont déjà reçu leur récompense dans un monde meilleur. M. Rohas, de Beugny, retrace les souffrances des poilus, leur glorieuse mort, et adjure les vivants de garder fidèlement leur mémoire.

M. Delcroix, puis M. Rohas, après avoir honoré les morts, engagent vivement les anciens combattants à rester unis comme au front, à rester fidèles au drapeau et aussi à défendre leurs droits, pendant la paix, comme ils ont défendu la patrie au prix de leur sang pendant la guerre. M. Delcroix, très applaudi, fait entendre une véhémente protestation contre une amnistie trop large pour les déserteurs et les traîtres. »

Le monument a été restauré en avril 2008 par l'entreprise Serviloc.

Liste des noms inscrits

1914-1918

1914-1918
G. Tabary Oscar Dupin Léonce Legrand (1884-1916) Albert Fessier (1881-1915) Bernard Guichard (1878-1914)
Henri Davion François Hennebicque (1885-1914) P. Coutant Jean-Baptiste Lecornet (1883-1917) Victimes civiles
Adolphe Leriche Omer Boniface (1893-1914) Alexandre Caudroit (1874-1914) Joseph Véret (1887-1917) M. Dehon
L. Puch Guislain Tabary (1885-1916) Constant Gras (1881-1916) Jean Benoit (1893-1919) Martial Coutant (1894-1915)
Charles Comaita François Lejosne (1891-1914) Marc Dupin (1888-1916) G. Davion
Joseph Mayeux Victor Guilbert (1890-1914) Jean-Baptiste Demiautte (1896-1916) A. Davion

1939-1945

  • M. Gaulet
  • E. Hennebicque
  • A. Legrand (FFI)

Ne figurent pas sur le monument les victimes civiles :

  • Aline Lansiaux, épouse Mahieu, née le 30 août 1876 à Bousies (Nord), domiciliée à Bousies rue de la Poste, décédée le 17 mai 1940 à Beugny au cours de l’évacuation dans un bombardement aérien.
  • Albert Goeman, belge, décédé le 17 mai 1940 à Beugny au cours du même bombardement aérien.

Galerie

Sources